17 Oct2026
La France en colère ce 17 octobre 2026! Nous avions prévenu, il y a trois ans
Il y a environ trois ans, j’ai publié un travail de recherche dans une revue scientifique au Togo, sur les manifestations de Mai 68 en France, les grèves des Gilets Jaunes toujours dans ce même pays et les revendications des jeunesses africaines. J’ai expliqué que les problèmes posés par les élèves et les étudiants sont souvent aussi ceux de leurs parents et de leurs avenirs face à un système de gouvernance très souvent dans l’autosatisfaction inutilement.
La réalité est qu’on ne peut cacher les problèmes sociaux et existentiels qui sont eux d’une violence étouffante telle qu’il ne peut avoir que des réactions souvent violentes. Il ne sert à rien, face à la violence, à trouver comme solution, la violence. Cela élargit la base de la contestation et enlise le climat social inutilement. Aujourd’hui 17 octobre 2026, la France est encore en ébullition. Les contestataires qui n’étaient que des élèves, ont fini par rallier à leurs causes, des étudiants, des professeurs, les Gilets Jaunes, à nouveau et d’autres corps professionnels. Tout bras de fer, quel que soit le temps que cela va prendre, finit toujours par être remporté par les peuples et sociétés.
amarasalifou@gmail.com



Trop de choses se passent dans une tête. Il y a des chambres, des salons, des sous-sols, des coffres forts, des anti-chambres, des coins et recoins. La vie, certes, n’a jamais été facile. Sauf qu’il y a ce qui peut être supportable et ce qui devient de plus en plus insupportable. Je ne partage pas l’avis de Freud, qui fait recours très souvent à la sublimation ou aux mécanismes de défenses psychologiques, comme principaux recours pour les individus. Ce, dans le but qu’ils s’adaptent aux normes sociales. Je milite plutôt pour une société, qui comprenne, au-delà des strates sociétales de Durkheim, que chaque individu est particulier et qu’il faut offrir des perspectives toujours plus nombreuses pour rendre la vie supportable. Le malaise, ce n’est donc pas tant l’individu mais une société qui présente trop de situations dramatiques où la banalité de la violence finit par s’ériger comme le cours normal de la vie. Enlèvements par-ci, crimes rituels par-là, meurtres effroyables, suicides répétés…Lorsqu’une société présente autant de faits alarmants, c’est comme dans un diagnostic d’un médecin, les symptômes d’une maladie qui est en train de gangrener le corps. Que faire? Cherchons à soigner la maladie psychique de nos sociétés. Donnons des opportunités équitables de travail aux jeunes, aux femmes. Luttons contre les fléaux de la drogue, de l’alcoolisme partout sur le territoire. Prenons des mesures pour rendre la vie moins chère. Arrêtons de célébrer les fausses valeurs. Donnons les moyens aux spécialistes de santé mentale, aux philosophes , psychiatres, psychologues, criminologues, sociologues, médecins…pour que partout, ils soient présents aux côtés des populations pour les écouter, les éclairer, les soigner etc. Un drame psychique est tellement imprévisible. C’est un petit bouton qui grossit, qui mûrit et qui éclate en faisant des dégâts les plus inimaginables. Nous avons la possibilité de ne pas donner de nos sociétés, des réalités de dégâts constants.
amarasalifou@gmail.com
C’était chaque 7 décembre. La fraîcheur de L’Harmattan était là. Nous nous réveillions tôt en ce jour. Ce qui n’est généralement pas nos habitudes. Mon père Amondji Boni, avait fait sortir sa radio au salon. Ma mère Tehoua Adjoua criait sur quelques uns qui ne voulaient pas quitter morphée. Il faut tout mettre au propre.
Mes frères, Sékou, Bertin, Bodou, kouakou, Bernabé et mes sœurs, Ovo, Akôyiwô, Sylvaine dite Manman, tout le monde était à la tâche pour chasser la poussière rouge à laquelle Rubino est abonnée. L’eau chaude au feu était constamment vidée pour aller se laver et s’habiller.
Qui dans son kaki, qui dans sa robe aux carreaux. ‘Habillez-vous bien » disait d’une voix paisible mais ferme, mon père. C’était la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Nous allions faire le défilé. Papa que nous appelions Baba, voulait qu’on dise avec fierté, voici les enfants d’Amondji Boni. Le Sous-préfet sera là. Les gardes de Sous-préfecture avec leurs treillis et leur ceinturon que personne ne voulait goûter. Moi, je pensais ce jour à une seule chose: après le défilé, dans les classes, chacun aura droit à tout un pain avec de la sardine ou du pâté et de la sucrerie. C’était comme cela chaque 7 décembre. Il y avait aussi tous ces villages environnants, Amangbeu, Ananguié, Allany, Banguié, Aké-douanier ou les agents de la Sodefor qui allaient tous se déverser à Rubino pour faire montre de leurs talents lors du défilé avec des images de Carnaval. Les communautés allochtones et allogènes allaient aussi se distinguer. Le masque échassier des Yacouba sera là. Oh qu’il me faisait peur. Les nigériens et leurs démonstrations de serpents. Qu’est ce qu’ils avaient à nous foutre la trouille? Les cabarets de Bandji blanc et de Koutoukou allaient tonner. L’après-midi, c’est forcément le match de football entre deux équipes qui voulaient impressionner. Forcément qu’après tout cela, dès 19 heures, je suis en train de roupiller sous L’Harmattan. Bonne fête de l’indépendance.
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Sur 300 000 élèves environ, qui passent le BAC chaque année en Côte d’Ivoire, c’est approximativement 60 000 qui sont admis. Presque la moitié est orientée dans les universités publiques. 10 % atteignent le Master. Moins de 1% soutiennent le Doctorat. Dire donc que tout le monde ne peut pas faire de longues études, c’est ne pas comprendre l’effort de ces enfants, depuis la maternelle qui ont fait tant d’efforts et de sacrifices pour arriver à l’université ou dans les grandes écoles. Rires des diplômés, c’est être à la limite de l’ignorance. Notre pays a eu cet aura africain et international, parce qu’en dehors du café et du cacao, il a toujours eu de grands intellectuels.
Les pays développés que nous prenons en exemple, ont des Centres de recherche dans lesquelles presque toutes les disciplines sont représentées. Ceux que nous prenons pour modèle nous rappellent qu’il n’y a pas une discipline supérieure à une autre. Nous qui sommes dans le balbutiement, on veut favoriser une opinion ou tout doit être ramené à la matière. On s’étonne après des déboires et dérives. Le problème de l’orpaillage clandestin était technique, c’est le social qui a sonné l’alarme et la mobilisation. La guerre se fait de plus en plus avec des drones. Dans une foule où il y a quelqu’un de recherché, c’est tout le monde qui est visé. Le COVID-19 nous a rappelé qu’une erreur technologique quelque part loin là bas peut paralyser le monde entier. Pour faire de l’ingénierie, il faut encore avoir les moyens d’imagination et de réflexion. Peut-on construire sans réfléchir ? Sans tenir compte de tous les paramètres possibles? Surtout que nous sommes supposés être des êtres pensants. À moins que nous ne voulions nous transformer en Caterpillar.
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