13 Oct2026
La belle époque de la fête de l’indépendance en Côte d’Ivoire
Écrit par AMARA Salifou. Publié dans A découvrir, Coups de coeur, Découverte
C’était chaque 7 décembre. La fraîcheur de L’Harmattan était là. Nous nous réveillions tôt en ce jour. Ce qui n’est généralement pas nos habitudes. Mon père Amondji Boni, avait fait sortir sa radio au salon. Ma mère Tehoua Adjoua criait sur quelques uns qui ne voulaient pas quitter morphée. Il faut tout mettre au propre.
Mes frères, Sékou, Bertin, Bodou, kouakou, Bernabé et mes sœurs, Ovo, Akôyiwô, Sylvaine dite Manman, tout le monde était à la tâche pour chasser la poussière rouge à laquelle Rubino est abonnée. L’eau chaude au feu était constamment vidée pour aller se laver et s’habiller.
Qui dans son kaki, qui dans sa robe aux carreaux. ‘Habillez-vous bien » disait d’une voix paisible mais ferme, mon père. C’était la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Nous allions faire le défilé. Papa que nous appelions Baba, voulait qu’on dise avec fierté, voici les enfants d’Amondji Boni. Le Sous-préfet sera là. Les gardes de Sous-préfecture avec leurs treillis et leur ceinturon que personne ne voulait goûter. Moi, je pensais ce jour à une seule chose: après le défilé, dans les classes, chacun aura droit à tout un pain avec de la sardine ou du pâté et de la sucrerie. C’était comme cela chaque 7 décembre. Il y avait aussi tous ces villages environnants, Amangbeu, Ananguié, Allany, Banguié, Aké-douanier ou les agents de la Sodefor qui allaient tous se déverser à Rubino pour faire montre de leurs talents lors du défilé avec des images de Carnaval. Les communautés allochtones et allogènes allaient aussi se distinguer. Le masque échassier des Yacouba sera là. Oh qu’il me faisait peur. Les nigériens et leurs démonstrations de serpents. Qu’est ce qu’ils avaient à nous foutre la trouille? Les cabarets de Bandji blanc et de Koutoukou allaient tonner. L’après-midi, c’est forcément le match de football entre deux équipes qui voulaient impressionner. Forcément qu’après tout cela, dès 19 heures, je suis en train de roupiller sous L’Harmattan. Bonne fête de l’indépendance.
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